Pourboire

Ces temps-ci on entend beaucoup parler de pourboire dans l’actualité. À cause de l’inflation qui fait déjà gonfler le prix de nos factures, mais aussi à cause des terminaux de paiement de plusieurs commerces qui offrent des options de pourboire de 18 %, 20% et même 22%... 

D’emblée je dirai que j’ai toujours détesté le principe de pourboire. Pourquoi? Non seulement parce que ça ajoute au prix inscrit, mais surtout parce que je trouve ça injuste et totalement arbitraire. Qui devrait en recevoir? Combien? Là-dessus même les spécialistes de l’étiquette ne s’entendent pas! 

En théorie le pourboire signifie «J’ai particulièrement apprécié ton service»... ce qui voudrait dire que cela constitue davantage un geste gentil qu'une obligation. Sauf que les employés dits «à pourboire»  ont un salaire minimum inférieur à la norme, donc que leur pourboire est un complément de revenu attendu.

Et en cas de mauvais service, les employés «à pourboire» voient leur salaire diminuer. Mais pourquoi seulement eux alors que les autres ne s’en ressentent aucunement? Sans compter que, pour le peu de différence de salaire de base, les métiers à pourboire finissent par être beaucoup plus lucratifs que ceux au salaire minimum régulier. Et sans compter que maintenant il n’y a plus seulement les employés dits «à pourboire» qui reçoivent du pourboire. Sans compter également que parfois, même à job semblable, on donne du pourboire à certains et non à d’autres: pas de pourboire si tu fais des sushis dans une épicerie... mais oui si tu les fais au resto; pas de pourboire si tu livres des fleurs... mais oui si tu livres de la bouffe pour un resto. 
Et parlant de restauration, le pourboire n’était-il pas uniquement pour le service aux tables? Alors pourquoi  c’est rendu qu’on en donne en take-out?! 

J’ai aussi été à même de constater des injustices sur la quantité de pourboire reçu versus le travail effectué. Par exemple, ayant travaillé dans un hôtel lors de l’un de mes premiers emplois d’été, je me suis vite aperçue que le bagagiste ou le voiturier recevait énormément plus de pourboire que la femme de chambre qui s’échine à faire des lits et nettoyer des salles de bain...

Du grand n’importe quoi!

Autre point: le pourboire est par définition un montant remis en échange d'un bon service. Sauf que moi je trouve que ceux avec qui je fais affaire (à de rares exceptions-près) sont très sympathiques et me rendent un excellent service!! La prof de Pilates, la couturière, la conseillère au centre jardin, l’accordeur de piano, l’employé du magasin de chaussures, le réparateur de balayeuse, l’ado au kiosque de légumes du marché, le gars qui me renseigne à la quincaillerie, etc. Tous ces gens ne donnent-ils pas un bon service? Pourquoi ces travailleurs n’ont-ils pas de pourboire? En fait, qui n’en mériterait pas?!? 

Un patient avait déjà sorti son portefeuille pour me remercier de mes bons services à l'hôpital! J'avais été touchée par cette belle attention et j'aurais bien apprécié, mais j’avais évidemment refusé. Je pense aussi à cet enseignant de Toronto dans un texte que j’ai lu, qui commençait à se demander s'il pourrait mettre un bocal à l'entrée de sa classe pour que les étudiants y déposent quelques dollars s’ils trouvaient son cours particulièrement intéressant! Pourquoi ne pourrait-on pas marquer notre appréciation lorsqu’on fait affaire avec des professionnels? 

Et on n’a même pas parlé des touristes... 

Non mais quel casse-tête lorsqu’on voyage! Dépendamment des endroits, le pourboire peut être inclus ou non dans la facture, il peut ne pas être la coutume du tout, il peut parfois carrément insulter! 

Je lisais qu'une immigrante du Royaume-Uni (où les pourboires ne sont pas usage courant) et qui habitait le Canada depuis quelques années n'avait jamais pu comprendre la culture du pourboire! J’ai beau être née ici, je pense exactement comme elle. La vérité c’est qu’il n’y a rien à comprendre. C’est juste la coutume, la tradition. C’est juste «comme ça».

Je rêve du jour où l’on fonctionnera comme dans ces pays où tout est inclus dans la facture, où il n’y a pas de pourboire à ajouter (et parfois pas de taxes non plus!!). Ça ne devrait pas être à moi de couvrir le salaire d’un employé, du moins pas directement. Que le patron paie ses employés leur vrai salaire, ensuite qu’il me charge le prix que ça coute en oubliant complètement cette idée de pourboire! Dans mes livres à moi, ça devrait être « Prix affiché = prix final ». Partout. Tout le temps. 

Bref, est-ce que je serais en faveur de l’abolition des pourboires? Totalement!





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