Loyers


À cette période de l'année on entend beaucoup parler de déménagements. Et aussi de la pénurie de logements. 
Moi ce qui m'intéresse c'est la CAUSE de cette pénurie! Or les médias nous renseignent bien peu (voire pas du tout!) sur cette question pourtant primordiale.

Bizarre quand même une pénurie, non? Pourtant, habituellement, lorsqu'il y a de la demande pour un produit ou un service, les entrepreneurs flairent la bonne affaire et le marché y répond rapidement! Pourquoi diable les investisseurs se désintéressent-ils d'un créneau potentiellement très rentable et pour lequel il y a autant de demande??!

La réponse est... quoi d'autre... la RÉGLEMENTATION.

Eh oui! Nous avons une réglementation qui enlève beaucoup des incitatifs à l'investissement! De un, les proprios risquent de se retrouver impuissants devant des locataires qui font du trouble, ne paient pas leur loyer ou même abîment le logement. Des histoires du genre font d'ailleurs occasionnellement les manchettes (et ça me révolte chaque fois!). De deux, quel propriétaire voudrait investir des milliers de dollars dans la rénovation de son logement, sachant qu'il lui sera ensuite impossible de couvrir ses frais avec le prix du loyer?

Dans ces conditions, faut pas s'étonner de la rareté et de la vétusté des logements! Nous avons tellement voulu protéger les locataires que nous avons oublié les propriétaires. C'est bien beau écouter QS et le FRAPRU... mais des fois faudrait aussi tendre l'oreille vers la CORPIQ ou l'IEDM!*

La réglementation actuelle dans le logement locatif ne donne tout simplement pas le goût de se lancer dans la location. Un exemple parmi tant d'autres: moi-même!!
Il y a quelques années, nous possédions un jumelé pas trop cher, situé près des écoles et du transport en commun, habitation qui convenait parfaitement à une petite famille ou à un jeune couple. Nous avions envisagé de le mettre à louer au moment où nous avons acheté une nouvelle maison. Toutefois, même si ce revenu supplémentaire aurait été très bienvenu, nous avons vite laissé tomber l'idée car une cloche d'alarme s'est fait entendre... Pas de risque à prendre, nous avons vendu notre jumelé sans hésiter. Nous n'aurions pas eu les reins assez solides pour assumer deux paiements hypothécaires (en cas de locataires mauvais payeurs) ou des coûts de rénovation (au cas où ils auraient endommagé les lieux).
Combien d'autres, comme nous, s'empêchent de devenir locateurs pour ces raisons?!

Pour cette crise du logement, deux pistes de solution:

1- Modifier la réglementation afin que les propriétaires immobiliers puissent avoir des recours en cas de pertes financières dues à des mauvais locataires (par une assurance, un dépôt de garantie ou autre), et faire en sorte que les locataires subissent les conséquences de leurs mauvais comportements.

2- Modifier la réglementation afin que les propriétaires puissent fixer le prix de leurs loyers selon la réalité du marché, ce qui les inciterait à construire des nouveaux logements et/ou à bien entretenir leurs immeubles existants.

"Oui mais les prix vont monter! Et les pauvres, eux?" **

Rien n'indique qu'en l'absence de contrôle étatique les prix bondiraient et deviendraient inaccessibles. Il n'y a pas de contrôle de prix pour le jus de tomate, les meubles ou les manteaux d'hiver... et on en trouve abondamment et pour toutes les bourses! Un libre marché s'équilibre de lui-même, il n'y a pas de raison pour qu'il en soit autrement pour les loyers. (Souvenez-vous que dans les années 80-90, on "magasinait" notre appart! On allait au plus offrant, celui qui donnait un mois gratuit et parfois même deux, avec peinture fournie sinon le demandait!)

Pour les gens dans le besoin, on pourrait plutôt offrir une aide directe, une forme d'allocation au logement, ce qui éviterait d'avoir à contrôler tout le marché.

Certains proposent continuellement la construction de nouveaux logements sociaux... Or ce n'est pas une solution à privilégier. Cela coûte très cher, détruit le marché du logement abordable et peut contribuer à créer des "ghettos". De toutes façons, cela ne règle pas le problème à la source: une situation de pénurie n'est PAS normale!

Le contrôle des loyers, ça parait bien: l'état a l'air de bien s'occuper des pauvres! Sauf qu'à plus long terme cela produit des effets pervers qu'il faut considérer.

Rappelons-nous: il faut toujours juger une politique publique selon les résultats et non selon les intentions!!






*FRAPRU= Front d’action populaire en réaménagement urbain
CORPIQ= Corporation des propriétaires immobiliers du Québec
IEDM= Institut économique de Montréal



** La pauvreté est un problème social complexe et multifactoriel. Je pourrais en faire le sujet d'un article complet! En attendant je me permets ce petit aparté.

Dans mes livres à moi, notre filet social devrait offrir une aide ciblée, suffisante, et temporaire dans la mesure du possible.

- Ciblée. Pour éviter que la pauvreté ne devienne un état permanent, nos programmes d'aide devraient agir sur la CAUSE. Un simple chèque ne suffit pas si on veut qu'une personne s'en sorte définitivement. Que lui manque-t-il pour trouver (ou retrouver) son autonomie? La personne a-t-elle besoin d'une formation supplémentaire? d'une aide familiale? de soins de santé? d'un accès à une garderie? d'un suivi psycho-social? Donnons-le lui!

- Suffisante. Nos programmes d'aide devraient offrir un soutien financier suffisamment élevé pour permettre de se remettre sur pied ou pour éviter de vivre dans la précarité.

- Temporaire. Car généralement la pauvreté est (ou devrait être) un état temporaire. On la voit, par exemple, chez les étudiants, chez les gens qui entrent sur le marché du travail, lors d'une période difficile ou suite à une perte d'emploi. Nos programmes sociaux doivent viser une reprise en charge personnelle, lorsque évidemment une telle autonomie est possible.







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